Evening light
Tu viens de poser les pattes sur Evening Light. Viens vivre une aventure inoubliable, au sein de ta meute. Choisis ta destinée. Seras tu de la meute Nocturne, de la meute du Crépuscule? De la meute du Jour, de l'aube?
Ici, rien n'est comme il le semble. Même le temps est déréglé. Visiteur, approche dans ce monde lupin...


Un monde, où meme le temps n'est pas comme il parait
 

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 Ce forum est une poubelle, et puisque mes persos se perdent dans mon esprit dérangé, il vaut mieux les stocker ici [Plus ou moins un pense bête]

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Akasan
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MessageSujet: Ce forum est une poubelle, et puisque mes persos se perdent dans mon esprit dérangé, il vaut mieux les stocker ici [Plus ou moins un pense bête]   Mar 14 Fév - 19:01

Ghn.
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Akasan
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MessageSujet: Re: Ce forum est une poubelle, et puisque mes persos se perdent dans mon esprit dérangé, il vaut mieux les stocker ici [Plus ou moins un pense bête]   Mar 14 Fév - 19:09

Auzi, je sais que tu passeras ici, puisque ce petit t'intéresses dans un fond B) Et puis je m'amuse bien, alors autant prendre une belle fiche.

Badass B)
Allandill
☼ Rang/Statut : Sorcier vagabond
☼ Situation familiale : Mère et père (de substitution)/mentor morts, père inconnu et probablement, lui aussi, défunt.
☼ Situation conjugale : Faas partout <33

▬ "Le passé fut oublié, et, renonçant au futur, ne demeure plus qu'un prisonnier écrasé par les chaînes du présent"

☼ Âge : Inconnu, néanmoins, Allandill est un jeune adulte proche de l'âge mûr.
☼ Prononciation & Signification du nom : "A-lane-dile", à signification "Braise d'Argent".
☼ Sexe : Il appartient à la gente masculine
☼ Orientation sexuelle : Homosexuel, avec tendance à l'asexualité avant l'apparition de Faas.
☼ Taille : Approximativement 1m70/80. Sans être extrêmement grand, il n'est pas petit.
☼ Corpulence : Allandill est assez frêle. Le moindre coup de vent semble susceptible de le briser. Sa maigreur est cependant voilée par sa longue cape d'ébène. Son visage reste très fin, sans, pourtant, exposer les traces de sa faiblesse physique.
☼ Longueur & couleur des cheveux : La chevelure du sorcier est d'une teinte éclatante de neige. Plutôt longs, ils cascadent sur ses épaules, avant de s'achever en de délicates pointes. Deux mèches plus importantes soulignent ses joues pâles, s'arrêtant à hauteur de son menton.
☼ Yeux : Les prunelles du vagabond semblent animées d'un brasier ardent. Etincelantes d'un passé embrasé et réduit à l'état de cendres, l'ambre de son regard paraît percer la moindre part de l'âme de interlocuteurs.
☼ Capacités occultes : La magie noire, le contrôle même de l'âme, constituent les pouvoirs d'Allandill. Faire d'un être bénéficiant de la vie un simple pantin ne figure que parmi les tours les plus habiles du sorcier. Déplacer un objet inanimé par la seule force de son esprit torturé, contrer tout sort susceptible de l'affliger, rien n'est impossible au magicien. Si la nécromancie ne figure pas parmi ses atouts, il est cependant en parfaite capacité de manier les âmes défuntes, sans pour autant percer le secret de leurs mémoires accablées. Sonder l'esprit et les sentiments n'est plus, à ses yeux, qu'un simple tour de magie. La manipulation d'énergie instable constitue aussi l'une de ses techniques les plus efficaces, dont l'invocation d'arme ou la création d'une offensive puisée dans une source d'énergie vitale.


▬ "J’ai vu des Anges prisonniers de leurs halos
Et l’immaculé de leurs ailes se teinter des rubis de leur sang
J’ai vu des gouttes de fer dévaster les paysages de mon histoire
Et une pluie écarlate noyer les vestiges de mon passé
Alors laisse moi t’apprendre une leçon
Là où subsistent les étincelles d’un brasier
L’étouffe les cendres de leurs valse macabre
Là où s’éveille l’oeil de la tempête
L’endort à nouveau le souffle de la mort
Là où s’enflamme ton espoir
L’anéantit la terreur de la Faucheuse"


☼ En premier lieu, Allandill est un personnage extrêmement renfermé. Cherchant sans cesse à se dissimuler du regard des autres, rares seront ceux qui auront la chance d'entrapercevoir ses prunelles.
☼ Peu communicatif, le sorcier apprend à connaître son entourage par le simple biais de l'observation. Sondant l'âme d'un individu, il peut parfaitement le caractériser, avant même que celui-ci n'ait pu espérer lui parler.
☼ Allandill est glacial, et son renfermement témoigne d'une autre de ses facettes : la préservation de son intimité. Il déteste, en toute simplicité, le contact physique. Fuyant toute forme d'approche, il ne supportera pas qu'on ose effleurer, ne serait-ce qu'un instant, la surface de sa peau fragile.
☼ Cette angoisse constante du contact dévoile un autre de ses nombreux défauts. Très peu bavard, le sorcier n'engagera jamais une conversation, à moins de s'y voir forcé - éventualité peu probable. Tenter de converser avec lui se résumé au même résultat qu'un dialogue avec un mur.
☼ Sous l'ombre de sa cape, cependant, se cache un individu capable des pires ignominies. Si un imbécile tentait, en vain de jongler avec les mots, afin de le déstabiliser, le magicien saurait se montrer habile de la parole, afin d'écraser toute trace de vantardise et fierté en la personne que serait alors son adversaire. Moqueur et cinglant quand l'humeur l'en tente, Allandill peut parfaitement attaquer avec de simples lettres.
☼ Si le vagabond se montre égoïste, c'est principalement par soucis de sa personne. Son enfance détruite l'a conduit à ne plus se préoccuper que de son être. Il ignore la compassion, ayant choisi d'oublier le goût des larmes.
☼ D'un naturel calme et placide, il survient, cependant, en quelques rares instants de son existence bouleversée, des événements susceptibles d'éveiller à nouveau des sentiments infernaux enfouis dans le coeur du jeune homme. La rage qui l'a autrefois poussé à assassiner peut à nouveau s'embraser, révélant à son entourage une âme déchirée par la torture. Alors prêt à écraser n'importe quel individu, Allandill se montrera sans pitié, massacrant, sans aucun remord, ses adversaires malchanceux. Le goût du sang et la soif de haine signeront en lui l'importance de sa violence, et dévoileront la haine qui menace de le dévorer.
☼ Malgré sa férocité et son renfermement, il est cependant possible d'explorer une énième facette du sorcier. Enfoui, au plus profond de son être, se tapit un coeur blessé et mutilé à jamais. Enfant maudit par le temps lui même, Allandill se révèle un être torturé et malmené par son existence même. S'il a tendance à fuir le contact, celui ou celle qui sera parvenu à explorer ses plus rares sentiments pourrait se révéler d'un grand soutien. Cédant à la souffrance, le jeune homme est prêt à lâcher prise si quiconque est attentif à sa chute, pour rattraper sa main tant qu'il en est encore temps. Toute trace d'angoisse physique s'estompera alors et, laissant retomber sa fureur et sa crainte, Allandill se montrera faible et noyé dans ses tourments, abandonnant tout espoir pour se laisser sombrer. Un soutien important, une simple étreinte pour le redresser, contribuera à bâtir sa confiance incertaine.
☼ Il existe, en lui, un dernier des rares sentiments qui l'habite. Si l'inexpression consiste en l'une de ses plus globales facettes, Allandill est, cependant, en mesure d'en dévoiler une ultime. Pour quiconque gagne sa confiance, un unique sourire de sa part consiste en la plus splendide des récompenses. Seules trois individus parviendront à lui en arracher un. De sa mère, en passant par Enora, sa première et seule amie, à Faas, le maigre rictus de ses lèvres ne se dévoilera qu'un instant, marquant les plus importantes phases de son existence. Les premiers qu'il offrira à son ultime ami se feront douloureux, plus par moquerie que par véritable joie. Constamment charrié par Faas - du moins, c'est ainsi qu'il le voit - il ne cherchera pas à le récompenser par d'éclatants sourire. Du ton taquin à l'oeillade moqueuse, ces simples expressions ne lui serviront que de moqueries amicales. Cependant, lorsque la douleur le dévorant refera surface, et, alors qu'il cédera à ses plus grandes craintes, un rictus de douleur pourrait naître sur ses lèvres. Fondus, dans les vestiges même de sa mémoire, par des larmes de souffrance, ce sourire refléterait son ultime espoir d'un avenir merveilleux, et signifierait là la preuve de son amour.
Histoire


That feeling, when you can't die, but hate this life so much. You trying to die over and over again. You feel this painfull feelings again and again. But you again wake up next morning.


Tous ont toujours participé à bâtir les ténèbres, à engloutir leur univers d’un linceul d’obscurité. Et jamais personne ne se libérera des chaînes que l’humanité s’est acharné à leur imposer. Le monde est né des ombres, s’est éveillé pour apprendre le sang. Il s’éteindra dans la guerre, et brûlera dans la nuit.
Les âges s’étaient écoulés, tandis que l’Homme imposait ses desseins sur cette terre qui l’avait engendré. Seuls les plus perfides, les plus mauvais, avaient su tirer profit de la misère qu’ils avaient étendu sur leur univers. Les responsables de la déchéance humaine avait hérité de ses inespérés avantages, tandis que leurs victimes pourrissaient dans les bourgs, croulant sous les vestiges de ce que l’humanité avait autrefois osé bâtir.
Peu semblaient avoir survécu. Ceux qui n’avait su défier la société pour s’élever au rang de leurs bourreaux s’étaient abandonnés au souffle de la Faucheuse, succombant au poison que leurs tortionnaires s’étaient efforcé de leur imposer, éliminant ainsi la vermine qu’ils avaient engendré. Les rares malheureux qui avait jugé digne d’interêt la défiance de la mort étaient demeuré ce qu’ils avaient toujours été : les victimes de la misère la plus totale.
Nul ne sut véritablement qui avait osé accorder la vie à l’ombre qui naquit dans les décombres même de la société. Le ciel même ne daigna l’épargner alors que le courroux des pluies s’abattait sur le bourg délabré. Ce fut la complainte lugubre du vent s’engouffrant entre les squelettes des bâtisses affaissées qui daigna, seule, bercer la silhouette qui accueillait en cet univers d’ombre et de sang l’espoir d’un renouveau.
Maintes fois, cette vaine espérance sembla s’estomper, alors que la vie semblait s’arracher à l’être qui incarnait désormais l’unique préoccupation d’une mère. Mais ce fut la Faucheuse qui s’effaça finalement devant l’ardeur qu’attachait l’enfant à survivre, à étouffer l’étau de cette insatiable entité pour la défier d’oser l’enlever à ce qu’il ne possédait pas.
Ce fut, dans les nuées de brume, les incessants assauts de la pluie sur les frêles murs de la bâtisse, que le brasier décela la première étincelle.
Allandill avait triomphé de la Mort.
Quelques années, à peine, suffirent à modeler l’enfant, et lui enseigner les prémices de l’horrible univers qui l’attendait désormais. Mais rien ne sembla jamais altérer l’insignifiante présence qu’il représentait à présent, et il s’efforça de vivre pour l’unique être qui l’avait toujours aimé. Bourgeon s’épanouissant à la lueur du chaos, ce fut une fleur frêle et fragile qui s’éleva finalement dans les décombres de la société, défiant la noblesse d’oser lui reprendre ce qu’il avait appris à gagner.
Allandill grandit, sous le regard admiratif de sa génitrice, tandis que tout deux maintenaient le mince espoir que la vie ne leur serait plus interdite. Leur existence se réduisit au simple glanage des maigres vestiges que leurs accordaient encore marchands et noblesse sur les places de commerce, leur abandonnant cet indéniable espoir de survie, dans un univers désormais hostile à leur seule présence.
Mais peu importait, car nulle autre vie n’aurait su combler l’enfant, tandis qu’il évoluait fièrement aux côtés de son unique amour, apprenant l’art de l’existence dans les décombres de l’humanité, et affichant les uniques qualités qu’il avait su trouver dans un monde dominé par les défauts. Si le fragile ange se révélait silencieux, imperturbable dans son impassibilité constante, l’admiration et l’affection qu’il portait à son univers se reflétait dans son regard même, signifiant ce que l’Homme avait semblé oublier. Empli d’une empathie sans borne, l’enfant avait su s’incliner sur le plus petit, le plus fragile des êtres, se penchant sur l’innocent et l’insignifiant tandis que le fort s’acharnait à dominer l’humanité.
Ainsi donc s’éleva-t’il, défiant la misère de lui ôter l’unique espoir qui subsistait encore en son être, dans les vestiges d’un monde qu’il ne daignait délaisser. Fleur parmi les ruines, il s’éveilla à ce monde qui ne l’attendait plus aux côtés de sa mère, le seul être qui avait su lui accorder son éternelle bonté.
Ce fut, alors que tous deux rampaient en ombres affamées, qu’Allandill fut confronté au premier changement.
Les temps s’étaient faits rudes, alors que l’hiver abandonnait lentement son manteau immaculé aux couleurs du renouveau. L’enfant et sa mère avaient souffert de la faim, du froid, et le souffle même de la brise semblait désormais susceptible de briser le misérable ange qui se dressait encore dans la froide lumière du soleil printanier. Il était parti, seul, ce jour là, en quête de ce maigre butin qui nourrirait son ultime amour.
Ses mains déchiquetées par les courroux de la saison précédentes se tendirent discrètement vers les résidus de ce qui aurait pu, dans un autre univers, être considéré comme un légume. Ses doigts se brisèrent en un brutal sursaut lorsqu’un choc le projeta à quelques mètres, en une fraction de secondes. Retombant lourdement sur le sol, l’enfant se redressa faiblement sur ses bras tremblants, tandis qu’un mince filet carmin s’écrasait entre ses yeux.
Peut-être fut-ce le sort qui le mena à sa plus grossière erreur à cette admiration qui lui couta son être. Naturellement, presqu’instinctivement, ses prunelles d’un soleil éclatant se posèrent sur l’être qui l’avait si brutalement arraché à sa quête de vie.
Il était terrifiant, de cette beauté, et cette prestance qu’Allandill avait, jusque lors, toujours ignoré. Première figure masculine qui s’offrait, véritablement, à son regard, il parut, un instant, à l’enfant, que celui qui n’avait jamais été là pour lui se tenait aujourd’hui devant lui. Fier de sa puissance, de son hypocrite noblesse, l’homme le toisait, le dominant de sa taille, semblant vouloir écraser la vermine qui avait osé l’effleurer d’un regard d’une unique oeillade. Mais nul geste ne vint briser ses mains crispées, tandis qu’il constatait avec stupéfaction l’insouciance de l’enfant quant à la violence dont il avait précédemment fait preuve. Ce fut, avec humilité, et soumission, que l’ange brisé par l’humanité rampa à ses pieds, ne parvenant à détacher les ambres de ses yeux de cet être infiniment puissant qui l’avait si facilement écrasé.
Nul ne sut quel fou dessein naquit dans l’esprit irrité du noble, lorsque, dans un brutal mouvement, il écrasa son pied dans un brutal élan devant la figure de sa victime, marquant là la soumission de cette dernière quant à sa personne. Ce fut, seulement quand le puissant se détourna de sa cible, qu’Allandill osa finalement se redresser, contemplant la silhouette qui l’avait si aisément affaibli tandis qu’il disparaissait dignement dans les ruelles de la cité.
Dès lors, il sembla que l’ange accablé se profilait dans la silhouette de cet inconnu, devenant son ombre dans les lueurs du jour. Il apprit à le reconnaître, et à l’admirer de toute son âme, sans savoir quelle insensée impulsion le poussait ainsi à de telles réalités. Quelques jours seulement, après s’être glissé derrière chacun de ses pas, l’enfant découvrit quelle noblesse peignait les traits de celui qui constituait désormais son idole.
La connaissance.
L’être qui l’avait soumis était un sorcier, un puissant mage qui régnait de sa richesse sur la ville, et défiait quiconque de le détrôner par la puissance de ses dons. Il était fort de cette magie qu’il contrôlait avec aisance, habile de ces compétences qu’il avait su acquir en un apprentissage terrifiant de secrets.
Ce fut sans surprise que l’enfant désira apprendre cette face obscure qu’il n’avait su connaître de son univers. Se profilant davantage encore dans la silhouette de celui qui constituerait son maître, celui-ci s’inclina finalement sur son indirect serviteur, et daigna, chargé d’obscurs desseins, enseigner à ce misérable le subtil et terrible art de la puissance.
Dirigeant une institution destinée aux plus nobles, l’homme apprenait déjà la magie à de riches gamins privilégiés de la haute société. Ce fut donc en parfaite icône de la bassesse qu’Allandill intégra les cours de son idole, et se soumit à ses volontés sans en avoir à payer le prix. Méprisé de tous, il fut, en premier lieu déjà, la victime d’injures cruelles et insensées, qui ne semblèrent en aucun cas l’affliger. Seul son maître lui importait désormais, et la survie quotidienne de sa mère. Mais une sécurité secrète régnait alors sur son coeur. La certitude que plus jamais les choses ne seraient les mêmes, car il posséderait la connaissance.
Jamais il ne fut véritablement toléré, ombre misérable au coeur des personnalités les plus représentatives de la cité. Il était cette incarnation de la déchéance humaine, le reflet de ce que la noblesse avait dédaigneusement abandonné, dans l’espoir que les immondices qui avaient jadis germé de leurs propres mains sauraient se tapir dans les ténèbres pour ne jamais afficher la vérité. Mais il se tenait là, brisant les frontières que l’humanité avait imposé au miroir de son écroulement. Il défiait la population d’oser le détruire, écrasant ainsi, par ce simple geste, les vestiges de la réalité.
Dès lors, Allandill oublia définitivement son entourage, ne se concentrant plus que sur cet être qui imprimerait dans ses os la marque du savoir. Décidant de voiler ce secret apprentissage aux yeux de sa mère, afin de garantir sa sécurité, ce fut dans le plus intime mensonge que l’enfant se rendit, chaque jour, en la demeure de celui qui constituait désormais son tuteur.
Et dévoila par ce biais le lien inespéré qu’il entretenait avec cette puissance qui n’avait jusque lors jamais parcouru son être.
Tous s’étaient soumis à la volonté du noble, tandis que l’enfant avait à son tour suivi docilement ses commandements. Quelques jours, à peine, s’étaient écoulés depuis que l’ange accablé était venu garnir les rangs des pantins de la noblesse. Appliqué au possible, il s’était révélé, dès le premier geste, habile de cette magie qu’il ignorait tant. Maniant avec une insoupçonnable dextérité l’énergie qui fourmillait dans ses doigts, répondant avec perfection aux ordres de son maître, il avait ainsi attisé la fureur de ses acolytes, les surpassant malgré son indéniable infériorité.
Ainsi donc s’était-il soumis, à l’image des leçons précédentes, aux ordres de son mentor. La première étincelle de pouvoir germerait aujourd’hui en les mains des élèves, signifiant là le véritable commencement de leur apprentissage.
Le commandement avait été clair. Une simple étincelle, infime braise ardente de puissance se devrait de naître de leurs mains, signifiant là le début de leurs pouvoirs, et ainsi donc, de leur domination sur la société.
Allandill s’était tu, tandis que ses compagnons s’acharnaient à s’agiter en tout sens, veillant à peine aux ordres de leur maître, se contentant de profiter de leur condition aisée pour se permettre des imbécilités. L’enfant avait demeuré immobile, laissant simplement grandir en lui la puissance qui l’habitait depuis peu. Souffle de braise, il lui semblait que c’était désormais une entité même qui animait ses gestes, alors qu’il en appelait à la magie avec une sérénité sans pareille.
Certaines parvinrent à éveiller en eux les impulsions furibondes de cette instable énergie, et ainsi laisser paraître sur l’extrémité de leurs doigts une misérable braise, étincelante un instant avant de se taire à jamais.
Mais aucun ne sut se révéler tel qu’Allandill le fit aujourd’hui.
Dans le chaos déchaîné de la salle, alors que tous semblaient persister à s’agiter, plutôt que de s’appliquer sur la difficulté de leur tâche, c’était une impressionnante puissance que l’enfant avait finalement mené à lui, imprégnant ses propres os de cette magie dont il ignorait tout.
Le regard de son tuteur se posa finalement sur lui, alors que ses prunelles de braise se dardaient dans ces yeux que l’ange décharné avait appris à admirer. Il sembla à l’enfant qu’un éclair de terreur avait ébranlé les opales de son mentor, lorsque celui-ci comprit finalement la nature de la magie qui habitait désormais son élève.
De la brève étincelle qui émergea de ses mains fragiles, ce fut une silhouette titanesque de flammes qui s’éleva alors. Dragon de braise, incroyable et impensable chimère ardente d’un incendie courroucé, son ombre dansa un instant entre les paumes de l’enfant, semblant engloutir la salle et ses occupantes d’un souffle brûlant de fureur. L’enfant s’était contenté de toiser son tuteur d’un glacial et impassible visage, tandis que le fruit de ses dons assouvissait cruellement son entourage.
Ce fut un choc puissant, l’écrasant d’une violence inouïe, qui chasse finalement cette brutale manifestation de sa puissance. Gisant sur le sol glacial sans un souffle, c’était une marque éternelle qui barrait désormais le pâle visage de l’enfant, tranchant son nez d’une simple griffure qui demeurerait à jamais. Son corps ne trembla cependant pas, tandis qu’il s’aplatissait consciencieusement contre le sol, reconnaissant son erreur sans jamais souhaiter la contester.
Redressant l’enfant en l’étouffant d’une étreinte meurtrière, c’était sans hésitation que le noble avait misérablement pendu son élève, le soumettant au gibet que représentait alors son propre bras. Mais c’était par simple constatation qu’il avait laissé retomber sa victime, contemplant la glaciale impassibilité qui marquait les traits de cette dernière. Jamais rien n’effleurerait l’ange aux ailes brisées, et lui-même ne saurait lui faire regretter ses actes.
Ainsi donc naquit ses plus sombres desseins.
Chaque jour se fit plus terrible encore, alors qu’Allandill se révélait plus talentueux que nul autre jusque lors. Il maniait la magie avec une aisance déconcertante, semblant se confondre dans ses propres sorts, et s’imprimer dans sa puissance seule. Il se révélait doué, appréciatif de cette énergie que peu connaissaient vraiment. Et c’est cette curieuse passion qui entama de briser davantage encore la fragile fleur qu’il avait été jusque lors.
A chaque sortilège réussi, chaque ordre réalisé avec perfection et docilité, une nouvelle marque venait rejoindre la première sur son corps, tandis que sa silhouette de glace n’osait réprimer ces coups qu’un Innommable s’était amusé à lui infliger. Il était devenu un pantin, un jouet aux yeux de son tuteur, qui avait su tirer profit de cet enfant de marbre. Il serait son unique amusement. Et son unique création. Il modulerait sa victime, en faisant le parfait serviteur de ses obscurs machinations, et l’assouvissant à ses moindres désirs. Immonde de ses projets, c’était avec une routine désormais habituelle que le noble punissait désormais son élève, à chaque ordre qu’il accomplissait. Et jamais un mot ne vint briser l’être misérable de l’enfant, tandis que ces affreuses tortures se présentaient désormais à lui. Rien n’importerait plus que sa mère, et que cette connaissance qu’il acquérait peu à peu. Qu’est-ce qu’une multitude de marques sur son corps auraient véritablement pu changer ? Il acceptait la souffrance sans rechigner, la considérant sans un regret, comme l’unique fardeau qu’il aurait à porter pour les certitudes qui seraient finalement siennes.
Chaque jour, il nia la vérité, renforçant davantage encore son ignoble mensonge envers sa mère. Il ne désirait la charger de cet accablement supplémentaire, considérant que la vie lui avait jusque lors accordé trop d’épreuves. Chaque cicatrice devint le reflet d’une simple bataille qu’il avait vainement mené, alors qu’il avait erré en quête de butin durant des jours. Il modela la réalité tandis que chaque heure s’établissait davantage encore dans le mensonge.
Dans ce qui devint alors une habitude, un calvaire quotidien qu’il assumait sans mal, les temps changèrent brutalement. L’enfant avait désormais gagné en âge, et en cicatrices. Son esprit avait été mutilé, ne le convainquant plus que de la réalité seulement. Il n’avait pas, n’avait plus d’avenir. Il était désormais, et uniquement, voué à la torture et aux desseins de son tuteur, ainsi qu’à la survie de sa mère. Aucun espoir ne régissait son être, et seule la conviction qu’il se devait d’obéir animait alors ses membres.
Dans cette ignoble déchéance, l’apogée d’un ultime personnage. Son maître l’avait forgé à ce qu’il avait désiré, le soumettant à ses desseins dans un effroyable piège.
Mais une silhouette imprécise vint déformer cette réalité qu’il s’était inconsciemment imposé. Elle ne le connaissait pas, l’ignorait, même. Lui ne s’était jamais informé de son existence, ne concevant pas la possibilité qu’il puisse un jour espérer l’affliger de ses glaciales paroles.
Leurs routes s’emmêlèrent au détour d’un couloir, alors que c’était le sang qui peignait le visage du jeune homme. Gouttes carmins signalant son sillage, une nouvelle marque, un énième symbole de l’atroce réalité qui l’avait assouvi s’affichait désormais dans sa nuque, semblant dévorer la pâleur affolante de sa peau d’une main écarlate de griffes acérées. Il avait abandonné, dans son sillage coutumier, une traîne de roses fanées par le sang, tandis que son ombre les détruisait à jamais sur le tissu bordeaux qui masquait l’affreuse réalité qui l’opprimait.
Peut-être fut-ce les immondes cicatrices qui déchiraient le visage d’Allandill, peut-être fut-ce la présence de sa traîne écarlate qui attisa son attention. Peut-être fut-ce sa sourde douleur qui la tourna finalement vers l’ange brisé.
Elle se nommait Caitlin.
Rien n’aurait jamais pu les rapprocher. Elle semblait étinceler d’un bonheur qui demeurait inconnu au misérable. Elle affichait ouvertement ce constant plaisir de voir le temps s’écouler, cette mystérieuse conviction qui rien ne serait jamais plus important que la vie. Elle était tout ce qu’il ne serait jamais, lui dévoilant ce que l’univers avait osé lui arracher.
Il était fort de ses connaissances, mais faible de son inconscience. Il ignorait les sentiments; elle savait toutes les émotions. Il semblait s’éteindre à chaque nouveau pas; elle paraissait s’éveiller davantage encore pour le moindre de ses mouvements. Il avait délaissé la vie, ne s’animant plus que dans l’attente de la mort; jamais elle n’avait été aussi vivante, resplendissante de cette existence qui teintait son regard même.
Ce fut un unique mouvement, un ultime geste, qui scella finalement leur destin. Ils s’étaient frôlés, et, l’espace d’un instant, rien n’avait semblé plus important. Cet infime contact, insignifiante proximité, les avaient unis dans ce silence qui le berçait désormais. Alors que tout avait parut s’éteindre, disparaître à ses prunelles de braise, et que le poids de son sang s’était brutalement fait omniprésent, dépassant tout autre sentiment, elle l’avait rattrapé dans sa chute, le soutenant de son propre corps pour l’arracher aux griffes de l’obscurité.
Rien ne l’avait poussé à ce geste, mais tel en avait-il été.
Probablement le destin avait-il, dans sa constante monotonie, choisi une carte peu commune à leur attribuer, s’amusant de voir l’impossible devenir réalité. Défiant les frontières imposées par l’humanité, l’inconcevable supposition que vermine pouvait s’élever à titre égal des puissants, deux êtres en tout point opposés avaient osé opposer leurs regards, semblant, l’espace d’un instant, percer le secret de ce miroir qui leur confronter tout. Lui, le misérable, l’icône même de la bassesse et de la déchéance humaine; Elle, la digne fierté, l’allégorie même de la noblesse. Lui, l’enfant des rues; Elles, la fille de l’être le plus riche et puissant qui soit.
Le premier regard qu’Allandill lui porta se fit différent de ceux qu’il avait osé adresser à son entourage. Même l’immonde réalité quant à l’identité de cette inespérée sauveuse ne l’effleura pas.
Il se révélait, en effet, que la figure paternelle de cette dernière constituait le bourreau du jeune homme. Celui qui mutilait, chaque jour davantage, son corps et son âme. Mais peu importait.
Elle n’était, ne serait jamais cet immonde personnage que l’ange dévasté s’acharnait à admirer, à poursuivre aveuglément.
Cette première étreinte constitua, dès lors, l’instant qui scella leur amitié. Déchu, détruit par cette vie qu’Allandill s’efforçait de mener, elle sut le redresser alors qu’il semblait s’effondrer peu à peu. Il ne saurait jamais l’épauler comme elle l’avait fait, mais rien ne semblait, véritablement, capable de briser, ne serait-ce qu’effleurer, cette satisfaction de vivre qu’elle nourrissait chaque jour davantage.
Ce fut dans le silence et le secret que leurs liens s’établirent, et qu’ils évoluèrent, participant à enseigner chacun à l’autre ce qu’ils semblaient tous deux avoir oublié. Elle lui apprit les sentiments que son père avait éradiqué; il lui enseigna sa timide affection pour l’espèce animale et végétale. Elle lui laissa découvrir la beauté oubliée de son univers; il lui fit découvrir le sien.
Et aucun ne se soucia de ce que cette rencontre aurait pu et pourrait engendrer. Ils avaient trouvé, en opposant leurs êtres, la clé de ce miroir qui leur avait été arraché. Ils étaient devenus ces admirateurs secrets, ces acteurs méconnus d’un monde nouveau. Ils étaient ceux qui briseraient les règles, défieraient les piliers damnés imposés par la société, et relèveraient l’humanité déchue. Ils seraient le secret et la clé de ce monde si parfait que nul ne saurait jamais véritablement briser.
Jamais ils ne furent découverts, alors que les années emportaient avec elles les souvenirs douloureux du jeune homme. Leurs rendez-vous devinrent des jardins secrets, des histoires que tout deux daignaient désormais écrire côte à côte, délaissant leur terreur de la société pour le silence du temps. Ils avaient appris cette autre face de l’autre, qu’au commencement, ils avaient misérablement ignoré. Il lui avait enseigné la misère; elle lui avait enseigné la noblesse. Et chacun avait participé à modeler cet équilibre qui les unissait désormais, dans le plus immense secret.
Leur existence poursuivit son cours, entraînant dans son sillage les vestiges de leur passé. Atteignant tout deux les 17 ans, leur secret fut préservé.
Jusqu’à la fin.
Les temps s’étaient révélés rudes, alors que l’hiver enlaçait de ses bras glacials le pays. Il avait quitté sa prétendue demeure, après s’être longuement assuré que sa mère se porterait bien et saurait surmonter la journée à venir. C’était avec sa nouvelle délicatesse, que Caitlin lui avait enseigné, qu’il l’avait laissée là, dans cette bâtisse délaissée par le froid.
La neige avait dévoré ses empreintes, tandis qu’il disparaissait, silhouette d’obsidienne dans les chatoyantes lueur de l’aube. Le vent avait effacé son sillage, scellant là un énième chapitre de son histoire.
Pour laisser place au funeste destin qui l’attendait désormais.
Tout avait été, jusque lors, fidèle à son voyage coutumier. Allandill avait regagné la fière bâtisse de son tortionnaire, bravant les crocs de l’hiver pour la seule satisfaction de son enseignement. Il s’était présenté, en ce pantin mutilé, à l’obscur regard de son tuteur, et s’était, une énième fois, soumis à ses desseins. Ne demeuraient plus, désormais, que quelques individus dans la salle qui avait jadis fait office de classe dominée par le chaos qu’engendraient les gamins turbulents. Nombreux avaient étés délaissés par l’instituteur, et avaient préféré quitter son enseignement pour la liberté que leur offrait leurs biens. Ceux qui étaient demeurés constituaient désormais les plus talentueux et déterminés.
Mais, sans aucune contestation, la majorité s’était abaissée à reconnaître qu’Allandill les surpasserait toujours, attisant davantage encore le courroux de leur maître.
Peut-être était-ce la dangereuse approche de l’aboutissement de cet enseignement qui avait tant terrifié le noble, le convainquant que son emprise sur l’ange accablé serait rapidement moindre. Peut-être fut-ce son aveugle désir de domination, de pouvoir sur son jouet, qui le mena à sa plus atroce ignominie.
Ils s’étaient tous laissés absorber par la tâche que l’homme leur avait aujourd’hui délivré, et c’était consciencieusement que chacun s’était appliqué à retenir la formidable et mortelle énergie qui circulait sur leurs paumes. Fourmillant entre leurs doigts, puissante du droit de vie qu’elle détenait alors, la magie les parcourait alors que leurs mains l’oppressaient afin de soigneusement la modeler.
Saturant l’air de sa sourde colère, le noble avait su concentrer ses émotions sur l’obscure puissance qui valsaient entre les paumes de ses élèves. La magie s’était révélée plus instable encore, désireuse d’échapper à cette entrave qui la retenait prisonnière.
Dardant ses prunelles d’opale sur la silhouette de son pantin, le noble s’était contenté d’attiser davantage encore la magie qui s’agitait entre les mains d’un autre élève, afin de la rediriger contre l’auteur de son ultime affront.
La porte s’était ouverte sur la fine silhouette de sa fille, alors qu’elle pénétrait discrètement dans la salle, un léger sourire aux lèvres.
Il avait porté son coup, sans véritablement se soucier de ce que cet acte avait entraîné.
Ce fut un chaos sans borne qui s’étendit alors dans la pièce, tandis que la magie dévorait la victime qu’elle avait rencontré, dévastant son âme, affamée de cette vie qu’elle avait tant désiré voler. Nul cri ne vint briser les effluves de brume qui assouvirent un instant la salle. Seul un choc sourd laissa paraître l’inévitable cataclysme qui s’était alors produit.
Lorsque la vérité s’afficha enfin, que l’ignoble réalité put se dévoiler à ses opposants, alors seulement, sa fureur éclata.
Elle gisait aux pieds de son pantin, immobile silhouette à jamais éprise des glaces.
Et Allandill la contemplait, incapable d’afficher l’effroyable sentiment qui le dévorait alors. Elle avait disparu, pour l’éternité, emportant avec elle le bref secret que tout deux avaient persisté à nourrir. Et c’était l’être qui lui avait offert sa princière existence, et l’avait convaincue que ses choix seraient à jamais mauvais, qui lui avait donné la mort. C’était un père qui avait précipité son enfant dans la tombe.
Mais ce fut le héros damné de son plus précieux amour qui paya le prix de ses erreurs. Se ruant sur son éternelle victime dans un hurlement de fureur, jamais ses coups ne se firent plus important. L’homme le déchiqueta, lui imposant sa malheureuse colère, et lui insufflant ses amers regrets de l’assaut de ses dons. Il le brisa, le mutila, l’abaissant à son aveugle colère dans les larmes qui naissaient sous ses yeux dévastés.
Ce ne fut, cependant, pas cette atroce douleur qui dévorait lentement son corps, qui laissa échapper l’ultime souffrance d’Allandill. Elle avait germé, perle d’argent, sur les braises de ses prunelles, héritage de ses sentiments si longtemps retenus, écrasés par les enseignements et les tortures de son mentor. Elle s’écrasa au sol dans un ricanement léger, demeurant écho à ses pensées pour l’éternité.
L’ultime assaut fut le plus terrible. Il marqua son visage, le défigurant à jamais, et lui imposant les vestiges de son erreur pour l’éternité.
Ce furent cinq entailles qui vinrent barrer ses joues, lui ressassant quel incapable et misérable il avait toujours été.
Et ce fut une larme qui ricocha sur le parquet désormais teinté de gouttelettes vermeilles, reflet de l’amie, du jardin secret qu’il avait appris à chérir.

Combien de temps gisa-t’il, misérable ombre noyée par son propre sang, sur ce sol qui avait vu s’éteindre sa plus précieuse étoile ? C’était avec résignation qu’il avait choisi l’appel de la mort, convaincu que nul être n’aurait plus jamais su le retenir en cet terre. Peut-être les clameurs de l’éternité l’avaient-elles retenues, un instant seulement, avant que l’indistincte image d’un oubli qu’il avait osé faire ne s’impose à son esprit.
Et dès lors, son coeur se brisa, alors que l’ultime conviction que tout était désormais perdu se présentait à son être. Une affreuse certitude s’empara alors à de son esprit, et, malgré ses plaies béantes, il se redressa, tremblant à l’idée que cauchemar soit devenu réalité.
C’était la neige qui avait effacé ses empreintes à l’aube. C’était son sang qui les retraçaient désormais.
Mais peu importait cette traîne carmin qui se dessinant sous ses pas, alors que son souffle faiblissait peu à peu sous l’assaut courroucé de son corps mutilé. Il devait être là, arriver à temps, et renier à jamais l’effroyable conviction qui avait germé, en quelques secondes à peine, en son être déboussolé. Ce n’était pas possible; ce n’était plus possible. Tout n’était plus qu’un ignoble songe, un tour de son être alors que la nuit enserrait sa personne assoupie, et ses prunelles s’ouvriraient finalement sur un monde meilleur lorsque l’aube l’effleurerait.
Il s’écroula, alors que les ruines de son enfance se présentaient à son regard. Affaibli par le sang, par la souffrance, et l’effroyable crainte que tout avait été véritable, son corps l’avait abandonné, lui laissant seulement la conviction que jamais il n’irait plus loin.
Mais l’angoisse vainquit, le convainquant d’oser vérifier ses pensées, et ce fut en rampant dans une linceul de roses écarlates qu’il rejoignit finalement le lieu qu’il avait redouté. Il se redressa, et, enfin, daigna se confronter à son plus effroyable cauchemar.
Reflet au corps qui s’était précédemment effondré sous son regard, elle s’était tue, laissant la fureur d’un ignoble inconnu l’emporter. Allandill retomba lourdement au sol, laissant ses jambes choir sous la violence du choc, alors qu’il lui semblait qu’un inconcevable pieu de souffrance transperçait ses os. Rien n’était possible; rien ne le serait jamais. Tout avait été parfait, et jamais rien n’aurait du se produire. Il avait échoué là où elles avaient toujours réussi. Il avait été monstrueux là où elles avaient étaient angéliques. Il était tombé là où elles s’étaient toujours dressées.
Les larmes noyèrent son visage maculé de sang, se mêlant aux gouttes vermeilles et fusionnant lentement avec l’héritage de ses erreurs. Il avait échoué, il s’était effondré. Tout avait été véritable, alors qu’il avait vainement persisté à croire que tout n’était qu’un immonde cauchemar.
Un unique instant, une ultime seconde, il espéra un mensonge, reniant alors son amour de la vérité. Une dernière minute, il pria pour que le monde se taise à jamais, et l’emporte avec lui. Que rien ne soit plus, et qu’il s’éteigne, à l’image de celles qu’il avait aimé. Pour la première fois, il osa dévoiler au monde entier la secrète faiblesse qui le hantait, et plaqua ses mains sur son visage mutilé, laissant germer entre ses doigts les multiples larmes d’argent qui marqueraient à jamais la terre qui l’avait vu naître. Ce fut le sang, qui, ce jour là, macula les terres damnées.
Ce fut le sang, qui, ce jour là, signa la déchéance de l’humanité.

Le crépuscule noya finalement son corps, alors qu’il s’était silencieusement abandonné à la conviction que nul dessein ne le pousserait plus jamais à continuer cette vie qui l’avait malmené, déchiré sans cesse. Son seul et premier souhait résidait alors dans l’inconcevable désir de pouvoir finalement les rejoindre, et s’arracher enfin aux tourments de cet ignoble univers.
Mais un sentiment, qu’il n’avait cru ne jamais percevoir, naquit alors dans son coeur. Une émotion qui surpassa alors ses larmes, effaçant la douleur de son sang sur son visage, et domina brutalement ses sens.
Un regret qui n’en était plus un. Une conviction qui ne le terrifiait pas.
Et à mesure que les larmes s’effaçaient sous son regard, un brasier s’alluma en son coeur. Un incendie qui dévora ses effroyables tourments, un feu de honte ravalée.
La certitude que jamais il n’avait été ce dont il s’était convaincu. La certitude qu’un seul devrait aujourd’hui payer pour la vie de ses deux étoiles.
Ses mains se crispèrent sur cette inconcevable vérité qu’il nourrissait désormais.
Du bout des doigts, il effleura la tendre chevelure de l’être qui avait jadis bercé son univers, qui l’avait maintenu hors de portée des démons de son monde. Ce fut dans le silence qu’il scella son ultime promesse, jurant sur son être ses nouvelles convictions.
L’aube avait étouffé ses pas, et, alors que les roses de son sang marquait encore sa fuite, le crépuscule accueillit son nouvel assaut.
Ombre dansante dans les silhouettes grandissantes de la nuit, nul ne put retenir sa course endiablée, alors qu’il s’élançait avec détermination vers le démon de ses songes. L’ultime monstre de sa vie, l’Innommable qui avait osé lui arracher ses uniques convictions. Peu lui importa la douleur qui parcourait ses os, à mesure qu’il gagnait du terrain, et l’effroyable brûlure de son sang sur sa peau mutilé. Peu lui importa l’opposition du vent à sa course, les embûches de son environnement sur son passage. Peu lui importa les regards affolés de la noblesse lorsqu’il osa bousculer dans son sillage les méprisants individus qui entravait sa route. Ne demeurait plus, pour son unique but, que la certitude qu’il vengerait ses crimes.
Et, enfin, dans les ombres grandissantes de la nuit, il le reconnut.
Ce fut presqu’avec surprise qu’il réalisé que l’autre avait prévu son acte. Immobile figure, dressée sur les marches de sa demeure, l’Innommable lui faisait désormais face, contemplant son pantin d’un glacial regard, armé d’un rictus distordu par ce que tout être censé aurait nommé folie.
Ils s’opposaient désormais, comme ils auraient toujours du le faire. Elève et Maître. Faible et Puissant. Misérable et Noble. Mort et Vie.
« Le temps est donc venu. »
Les mots de l’homme furent glacials, ardents de cette conviction qui l’avait à son tour rejoint. Allandill conserva le silence, se contentant de fixer cet être qui l’avait si longtemps détruit.
« Qu’il en soit donc ainsi. »
Ce fut un effroyable rire qui s’éleva alors dans l’obscurité, tandis que le noble narguait venimeusement son élève.
Le monde s’embrasa alors, tandis qu’un véritable incendie se déchaînait derrière le jeune homme. Echo à ses pouvoirs finalement libérés, ses prunelles s’animèrent d’un brasier de haine et colère refoulée, ardent de ces sentiments qui l’animait alors. D’un leste et ultime mouvement, il se rua sur son précédent tuteur.
Il n’osa retenir son coup, pénétrant la chair de son tortionnaire de la lame d’ébène, et mutilant ses os dans une fureur nouvelle. Profitant de ses capacités désormais à leur paroxysme, il avait invoqué une dague d’obsidienne, qui avait transpercé son opposant d’un unique sursaut.
L’étreinte funeste d’une main tremblante sur son épaule ébranla cependant le jeune homme. Retenant son éternelle victime d’un ultime mouvement, le noble s’était cramponné à la nuque de son élève, plantant ses folles prunelles dans le regard furibond d’Allandill.
« Viendra un jour où ma chute entraînera à la tienne. »
Son ricanement résonna longuement en l’être de l’assassin, tandis que le corps tremblant de sa victime s’affaissait lentement.
« Mon cher petit Allandill. »
Ce fut le sang, qui, cette nuit là, teinta le symbole de la noblesse.
Ce fut le sang, qui, cette nuit là, signa la déchéance de l’humanité.

Ne demeure plus, aujourd’hui, qu’une ombre damnée, vagabondant à la recherche d’un destin qui daignerait être le sien. Allandill parcourt désormais les terres de son univers, ayant à ce jour abandonné son passé en ses empreintes. Si le spectre de son maître l’hante toujours, nul ne le saura jamais véritablement, et les secrets demeureront ce qu’ils ont toujours étés : Eternels.


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MessageSujet: Voronwë l'Omniscient - Nothing is true; everything is permitted   Jeu 27 Avr - 20:52

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J'étais celui qui n'ignorait rien, celui qui savait tout. Nul n'échappait à mon regard. J'étais celui qui voyait; qui voyait le monde comme il était et non pas comme il aurait du être. Mais ce que je croyais voir n'était qu'un reflet de l'ignoble réalité.
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MessageSujet: Re: Ce forum est une poubelle, et puisque mes persos se perdent dans mon esprit dérangé, il vaut mieux les stocker ici [Plus ou moins un pense bête]   Mer 12 Juil - 22:30


Aka est morte après ce RP, adieu 

Il contempla ses mains, tentant, en vain, de déchiffrer les lignes incomplètes de son destin.
Tandis que ses poignets se détendaient, alors qu’il rapprochait ses jambes au plus près de son corps, se rattachant à l’unique rempart de son être pour ne pas choir à nouveau, ses prunelles scrutèrent le paysage forestier qui s’étendait devant lui.
Qu’avait-il fait ?
Il avait fuit, durant toutes ces années, afin de se dérober aux griffes de ce passé qu’il redoutait tant. Il s’était échappé, tentant malgré lui de briser les frontières que lui opposait, inlassablement, ses propres empreintes. Mais, alors qu’il avait disparu dans sa propre abysse, ses actes l’avait rattrapé. Laissant tomber son masque d’ombre parmi les ombres, son visage marqué par son enfance tourmentée s’était à nouveau exposé au courroux de son univers. Le futur avait alors manié ses ficelles, s’amusant de son pantin torturé comme il l’avait jadis fait.
Tout avait pourtant été différent. Dans les ténèbres de ses actes, dans les flammes de sa fureur, un autre s’était tenu, accomplissant à ses côtés les ignominies qu’il se détestait tant. Tuant sans l’ombre d’un regret, fauchant ses ennemis d’un geste désintéressé, ils avaient semé la mort. Mais rien n’avait semblé altérer son compagnon d’infortune. Celui-ci avait lutté sans se soucier des âmes qu’il abattait, des histoires qu’il achevait. Alors que chaque coup porté par le sorcier s’était fait douloureux, tentant d’affronter les reflets de son passé malgré ses plaies béantes.
Il laissa ses paupières voiler ses prunelles quelques secondes, l’isolant dans les confins de sa propre personne, là où nul ne saurait jamais l’effleurer. Dans le vide le plus obscur, la cache de ses tourments. En cette face cachée, où tout souvenir lançait son assaut, mutilant un peu plus en chaque instant, son âme brisée, torturée. Où le visage tordu, déformé par la haine de son plus secret adversaire participait, chaque jour qui s’écoulait, à son éternel châtiment, veillant à le poursuivre dans les abysses même de la mort. Fuyant cet individu qui avait mis un terme à ce qu’il s’était plu à appeler vie, Allandill se recentra sur ses paumes noircies par les cendres et le sang, ignorant la douleur qui assaillait son coeur.
Ce fut, tandis que le vide qui s’emparait de lui le dévorait peu à peu, laissant place à son impassibilité, qu’un murmure ébranla ses sens. Relevant à peine les yeux, il le laissa s’approcher, apportant désormais peu d’importance à sa silhouette tant ses constatations se faisaient préoccupantes. Il perçut son propre trouble, sa haine enfouie sous son indifférence. Il tentait de paraître aussi cruel, glacial qu’il l’avait été lors de leur premier échange. Mais l’étrange filet de ses pensées s’emmêlait en chaque instant, rendant impossible le masque qu’il tentait de s’imposer.
Il ne cilla pas, se contentant de clore les braises de son regard, tandis que l’ombre portait une main incertaine à son front. Le visage maculé de sang, ses cheveux de neige ternis par les cendres collés contre sa peau, pendant misérablement, de longues cernes prolongeant son regard pénétrant, rien ne semblait plus témoigner de l’infime vigueur qui parcourait auparavant le sorcier. Ainsi, le contact fulgurant de son comparse pêcheur ne l’ébranla pas. Il l’accepta, prenant conscience que la lutte ne lui était, ne lui serait plus permise. Il avait commis une erreur, et pour la première fois, il l’assumerait.
Tandis que l’eau ruisselait sur son visage prisonnier par la fatigue et l’indifférence, il savoura le murmure des gouttelettes sur sa peau. Et plus que tout, ce léger contact qui les répugnait tout deux. Il semblait au jeune homme qu’il aurait presque souhaité apprécier ce lien qui s’établissait désormais entre son prétendu sauveur et sa propre personne. Retenir cette brève étreinte, cette sensation de chaleur qui l’envahissait alors, le révélant à une émotion qu’il ne lui avait jamais été permis de ressentir.
Le monde s’arrêta là, l’abandonnant dans ses réflexions, alors que son inconscience l’emportait à nouveau dans la noirceur de ses abysses. Jamais l’insatiable sentiment de satisfaction, d’avoir enfin trouvé ce qu’il n’avait jamais su trouver, ne le quitta véritablement.


Les jours, horriblement longs, s’écoulèrent, tandis que le sorcier se remettait peu à peu, ignorant l’indifférence dans laquelle son compagnon de fortune tentait de se murer. Ce fut, lorsqu’il fut de nouveau apte à continuer sa route incertaine, qu’il se redressa, s’engageant à nouveau sur le sentier de ses pensées.
Et lui le suivit, sans même se soucier de l’enclin du vagabond à le laisser l’accompagner.
Peut-être n’était-il, lui aussi, destiné à aucun futur qui en valait vraiment la peine. Peut-être refusait-il la dangereuse solitude qui le traquerait alors, sitôt que leurs chemins se sépareraient. Allandill n’en avait que faire. Il se considérerait comme voyageant seul, indépendant de l’individu qui retraçait ses pas.
Leurs premières confrontations furent difficiles. Se refusant à assurer aussi la vie de son prétendu partenaire de route, le sorcier se contentait de trouver ce qui suffirait à son unique survie, s’éloignant au maximum du dénommé Faas. Jamais il ne le laissa s’approcher des braises du feu qu’il nourrissait de sa magie, lui ôtant chaleur et nourriture cuite facile d’accès. Il ne dépendait pas de lui, comme lui devrait survivre sans son aide. Quitte à s’enfoncer dans les confins de la forêt s’il le fallait.
La plus dure des épreuves fut, pour le sorcier, de veiller à entretenir cette chevelure de neige qu’il chérissait tant - fétichiste des cheveux bonjour… - sans avoir à subir les puériles moqueries de ses comparses humanoïdes. Et par ce biais, de Faas, qui, il n’en doutait pas, n’hésiterait à lui faire remarquer l’inutilité de son geste.
Seul souvenir - hormis ses cicatrices - qu’il conservait de sa vie précédente, l’immaculé de ses longs cheveux demeuraient l’ultime don de sa mère, et valait à ses yeux plus que n’importe quel autre détail. Nul ne toucherait jamais à ses cheveux, sous peine de subir son courroux. Leur entretien lui était donc primordial, aussi stupide que cette préoccupation puisse paraître. Et si cet amour pour l’ultime offre de son dernier espoir l’emportait généralement, la honte l’assaillait parfois tandis qu’il fuyait les regards.
Les semaines s’étendirent, sans qu’il ne veille particulièrement à leur avancée. Le temps lui importait peu. Il évoluait hors de son étreinte, dans un vide qui ne constituait plus que la majorité de son environnement. Rien ne lui serait utile, le rendant ainsi aveugle de son entourage, fuyant hors des frontières même de la réalité qui le retenait encore à sa terre. Si la présence de l’autre l’insupportait terriblement, et bien qu’il ne souhaite reconnaître le semblant d’affection qu’il lui accordait néanmoins, les tensions qui l’opposait à Faas s’apaisaient peu à peu. Acceptant de partager son repas, quoique partiellement, avec son comparse des sentiers, il lui laissait à présent la seconde liberté de profiter des feux qu’il établissait chaque nuit.
Sa présence se révéla, à mesure que le temps lui échappait, presqu’indispensable. S’il gardait pour lui l’impensable angoisse qui le saisissait alors que son partenaire de voyage disparaissait, même pour quelques heures seulement, sans qu’il n’en sache rien, le rapprochement qui s’effectuait progressivement entre eux deux ne lui échappait pas. Indigné par de telles pensées, il les refoulait généralement, conscient de la dépendance qu’il développait peu à peu envers le jeune homme. Si partager ses repas ne l’affligeait plus, la simple conscience de replonger à nouveau dans la terreur de l’obscurité si Faas venait à disparaître le répugnait.
Mais la peur reviendrait, sans même que celui qui y faisait désormais obstacle ne s’esquive. Une sourde terreur, un infime murmure, le ressassait dans son esprit partiellement apaisé. Et la crainte qu’Il soit de retour, traquant son âme, surveillant ses moindres mots et gestes, l’assaillait plus encore que dans ses plus obscurs cauchemars.
Il reviendrait.


Nulle lumière n’avait su réjouir son coeur, cette nuit-là, tandis que la lune se parait d’une couronne de nuages ténébreux. Alors que les braises jaillissaient de ses mains crispées, une sourde angoisse avait pris naissance en son coeur, le convainquant qu’Il serait là. Qu’Il était là, autour de lui, guettant son ultime soupir. Si Allandill avait tenté, malgré ses obscurs tourments, de paraître aussi naturel que possible face à Faas, le tremblement incontrôlable de ses doigts ne lui avait probablement pas échappé. Cette faiblesse qu’il ne se reconnaissait pas répugnait le sorcier. Cette perte de contrôle, cette inconscience de ses forces précédentes qui le dévastait, le détruisait.
Lui signifiait son impuissance.
Le jeune homme avait à peine daigné manger, repoussant rapidement le butin de sa chasse matinale sans l’ombre d’un regret. Plus encore qu’à l’accoutumée, les cernes qui soulignaient son regard de braise s’étaient fait présentes, signalant sans le biais d’une parole la terreur grandissante qui régnait en son coeur. Le sorcier s’était tapi contre l’écorce d’un arbre, souhaitant plus que tout plonger dans le tronc robuste. Il voulait fuir, abandonner là ses craintes inexpliquées. Mais ses membres le retenaient, ébranlés de frissons et tremblements incessants. Les prunelles écarquillées, il voila sa terreur sous le masque d’une brève maladie inconnue, cachant ses tourments à celui qui avait su bouleverser le cours de son existence. Rabattant sa cape d’obsidienne sir sa silhouette tassée contre l’écorce du chêne, il s’était laissé choir au sol, roulé en boule, priant pour que ses pressentiments demeurent ce qu’ils étaient : de vagues craintes littéralement insensées. Le monde s’était éteint face à ses prunelles sans que la terreur ne l’épargne véritablement.

Il marchait dans l’obscurité insaisissable. Ses pas effleuraient à peine le velours vaporeux qui s’étendait autour de lui, le piégeant de ses bras infinis. Saisi d’appréhension, le sorcier avait tenté d’écraser ses sentiments affolés par une curiosité qu’il ne connaissait pas. Tandis qu’il s’égarait dans l’obscur brouillard, le jeune homme s’était soumis à une inévitable conclusion.
Il avait peur.
Son coeur cessa de battre lorsqu’il sut qu’Il était là. Un ultime souffle lui échappa avant qu’il ne se redresse, ses prunelles écarquillées sous l’assaut de ses terreurs enfouies. Il n’osa se retourner, tant la redoutée brûlure de la vision de l’Innommable se tenant face à lui le dévastait. Il ne pouvait pas, ne voulait pas. Cet être était mort, il y a longtemps de cela, sous son propre assaut. Il aurait du être oublié, chassé des mémoires comme des coeurs.
Mais Il était là. Il l’avait traqué, n’abandonnant jamais le jeune enfant qu’il avait transformé en esclave, le soustrayant à ses avides désirs de domination et de possession par la force. L’inconscient innocent qu’il était alors n’avait su envisager l’ampleur des dégâts que ferait cet être dévoré par la haine. Il était devenu son plus fidèle pantin, sa plus belle utopie. Il avait été le loup docile, accomplissant ses plus ignobles bassesses et acceptant la brûlure de ses tortures sans une once de rébellion.
Jusqu’à ce qu’Il brise l’unique espoir, l’unique conviction de l’enfant devenu jeune homme. Jusqu’à ce que son propre jouet ne décider finalement de s’amuser aussi.
Il l’avait tué, de sang froid. Sans même employer la magie qu’il lui avait enseigné, trop répugné pour oser utiliser les facultés que lui avait transmis cet Innommable. La lame avait luit un instant entre ses doigts, avant de pénétrer la chair de son ultime adversaire. Son visage mutilé s’était teinté, pour la première fois, des couleurs d’un sang qu’il avait souhaité voir couler. Ses quelques coups s’étaient fait violents, emplis de la haine qu’il avait vainement nourrie durant des années. Il avait observé choir le corps de son maître, tandis que celui-ci lui lançait son ultime rictus, fier du monstre qu’il s’était voué à créer.
Et il était aujourd’hui là, le piégeant dans ses propres ténèbres.
« Allandill. »
Ses mots le figèrent, alors qu’il tentait de demeurer impassible.
« Mon petit démon. »
Il n’osait se retourner, tant l’immonde angoisse de croiser à nouveau son regard le terrifiait. Il savait qu’un simple échange, une brève oeillade, saurait le poignarder aussi facilement que la lame du plus habile des assassins.
« Jamais je n’aurais cru avoir fait de toi le minable que tu es aujourd’hui. Dis-moi, penses tu véritablement que ton cher ami - amant, devrais-je dire ? Mais ne soyons pas trop hâtif - puisse panser tes cicatrices aussi facilement ? Tu sais ce que j’ai fais de toi. »
Le sorcier cilla légèrement, retenant les hurlements de douleur qui parcouraient son coeur presque mort. Il ne devait céder. Pas encore. Pas maintenant.
« Et tu sais pourquoi je suis là aujourd’hui.
Allons donc, tu ne pensais sérieusement pas que ton maître tant aimé t’abandonnerait malgré les abysses de la mort ? »
Le rire qui suivit ensuite acheva de le terrifier.
« Il est plus que temps que tu viennes me rejoindre, mon adorable élève. »
Alors seulement, il se retourna, plongeant dans l’abysse écarlate des prunelles de l’Innommable.
Son corps, son âme, en furent ébranlé. Il recula sous la puissance du choc, contemplant le spectre insaisissable de celui qui avait détruit son existence. Il ne pouvait soutenir son regard, dévoré par l’ardente avidité de ses yeux.
Son maître le toisa un instant, un affreux rictus déformant son visage décharné par la Faucheuse. Profitant de la déstabilisation de son élève, il fondit sur lui.
Allandill s’écarta au dernier moment, esquivant de justesse l’assaut meurtrier du spectre. Les prunelles exorbitées, il ne pouvait que se contenter de l’observer valser jusqu’à ce que la mort vienne finalement quérir son être. Alors qu’il évitait, dans un désespoir qu’il ne connaissait pas, quelques attaques supplémentaires, sachant que ses gestes se révéleraient inutiles, le sorcier vacilla un instant sous un assaut plus puissant que les autres. S’écrasant au sol, il lui sembla percevoir un mince filet écarlate qui s’écoulait sur son visage.
Comment ?
Comment un être qu’il avait cru vaincre, une simple image déformée par ses immondes cauchemars, avait-elle put lui asséner un tel coup ? Son coeur s’était arrêté de battre, lui empêchant tout nouveau mouvement. Ses yeux se figèrent à leur tour lorsqu’il perçut l’étincelant poignard qui avait donné la mort à son maître. Dans les mains de celui-ci.
Un sourd hurlement lui échappa tandis que la lame pénétrait ses entrailles.

Un brutal hoquet ébranla son corps secoué de tremblements. Inconscient du combat qui avait hanté ses rêves, l’enveloppe charnelle de son âme s’était simplement retrouvée agitées de convulsion inexplicables, renforçant la terreur d’Allandill. Il reprit rapidement conscience de son corps, se rattachant à la réalité pour fuir les ténèbres. Un second hoquet lui échappa alors qu’il réalisait qu’un mince filet carmin s’écoulait sur ses lèvres.
Ses prunelles de braise s’entrouvrirent brutalement alors que son corps s’agitait encore, le tassant davantage sur lui même. Le jeune homme se redressa brutalement, se retrouvant assis, reposant sur ses deux bras ébranlé de soubresauts. Il scruta, dévasté, les ténèbres qui s’offraient à lui, terrifié à l’idée que son atroce cauchemar l’ait à nouveau rattrapé.
Cette monstrueuse pensée lui échappa finalement lorsqu’une étreinte inconnue saisit, avec une brutale délicatesse, son poignet tremblant. Ses yeux écarquillés se dardèrent immédiatement sur l’auteur de cet acte, affolé au songe même que le spectre de son assassin l’ait retrouvé, à travers les frontières même de la réalité. Il recula brutalement en apercevant la silhouette qui l’emportait, saisissant à peine qu’il s’agissait là de Faas. Se projetant contre l’arbre dans son ultime sursaut, Allandill étouffa un gémissement de douleur, alors que d’involontaires soubresauts contrôlaient désormais son corps. Ses prunelles embrasées rivées sur l’ombre de son comparse de route, il ne le voyait cependant plus. L’obscurité régnait désormais.
Et avec elle, sa plus atroce peur.
L’unique constatation que l’Il l’avait retrouvé.


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